top of page

ARBORESCENCE

Exposition du 16 avril au 1 mai 2026

Claude Gesvret, Jean-Pierre Bertozzi, Olivier Jung, Éric Vassal, Gilles Drouin, Laurent Bout, Xavier Vantaggi

Arborescence désigne ici un modèle opératoire autant qu’une morphologie conceptuelle. Elle
structure un réseau de relations entre œuvres, matériaux et temporalités selon une
logique systémique évolutive. À la galerie Akié Arichi, l’exposition envisage le dessin, la peinture
et la photographie comme des unités relationnelles, des nœuds au sein d’un système ouvert, dont
les interactions produisent des phénomènes émergents. À l’image d’un écosystème forestier, cette
organisation est traversée par des processus de bifurcation et de transformation continue.
Les œuvres présentées relèvent d’une pensée de l’interdépendance. Le dessin fonctionne comme un
dispositif d’observation et de modélisation, proche du relevé scientifique ou du schéma expérimental. La
peinture engage des dynamiques de stratification, de diffusion et de sédimentation, évoquant des
processus physico-chimiques et géologiques. La photographie, quant à elle, opère comme un instrument
d’analyse optique et temporelle, révélant des variations de flux lumineux, des états transitoires de la
matière et des phénomènes de surface, à la manière d’un protocole d’enregistrement ou d’archive
expérimentale.
L’arborescence offre ainsi un cadre théorique pour penser la création artistique comme un
processus dynamique plutôt que comme une entité stabilisée. Les œuvres manifestent des régimes
de temporalité multiples, temps biologique, temps géologique, temps technique, perceptibles à travers
des indices matériels, textures, altérations, zones de friction ou de saturation. Ces indices activent
une « co-perception » du vivant, dans laquelle le regard devient un opérateur cognitif engagé dans
l’analyse de systèmes complexes.
L’exposition interroge également les notions de patrimoine, de conservation et d’autorité sous
l’angle de la théorie de l’évolution et de l’écologie culturelle. À l’instar des milieux naturels, la
valeur ne réside pas dans la fixité des formes, mais dans leur capacité d’adaptation, de résilience et
de transformation au sein d’un environnement instable. Les œuvres s’inscrivent dans des cycles de
transmission, remettant en question les modèles normatifs de préservation et de hiérarchisation des
savoirs artistiques.
Arborescence opère ainsi un déplacement épistémologique, elle propose de considérer l’art comme
un dispositif de recherche, un champ expérimental où s’articulent pratiques sensibles et modes de
connaissance. L’expérience perceptive se transforme en processus participatif, comparable à une
observation de terrain, où voir implique mesurer, comparer, interpréter. La perception devient un
acte éthique et cognitif, conscient de son inscription dans des réseaux de relations entre humains,
non-humains et environnements.
Les œuvres relèvent de la manifestation de systèmes dynamiques, « auto-organisés » et
interdépendants. Elles révèlent que l’art, la science, le vivant et le patrimoine constituent un
continuum de pratiques et de savoirs, un réseau ouvert dont les interactions redéfinissent nos manières
d’habiter le monde.

bottom of page